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Déroulement d’une séance d’animation carrom

Caractéristiques et qualités du carrom

Le carrom est un jeu unique et en même temps multiple. La simplicité apparente de cette activité révèle en réalité des aptitudes riches et variées. Les clubs proposent régulièrement des animations :

– lors de festivals indiens, des jeux ou de musique

– lors des forum des associations,

– en CLSH (Centre de loisirs sans hébergement), CLAE (Centre de Loisirs Associé à l ’Ecole ), en ludotèques, en MJC (Maison des jeunes et de la culture) ou en centre d’animations

– dans les bars ou café…

L’échange et la convivialité sur un plateau

Le carrom réunit autour d’un plateau de jeu carré, d’à peu près un mètre de côté, deux personnes en un-contre-un, quatre lors d’une partie de double. Dans un tel contexte, le ou les partenaires de jeu sont très présents et ceci révèle, deux aspects importants du jeu.

Le premier concerne le respect et la prise en considération de l’adversaire. Celui-ci, par sa proximité, devient presque « palpable » et les échanges émotionnels entre les joueurs sont réels. Dès lors, après avoir maitrisé ses propres émotions, il faut aussi parvenir à gérer celles de l’autre joueur qui s’avèrent très communicatrices. Le stress et/ou la colère se propagent vite et se laisser submerger ne peut être que néfaste pour son propre jeu. De même que dans une situation critique pour soi, l’euphorie de l’adversaire ne doit pas déclencher d’énervement de notre part. C’est dans ce sens que le carrom apprend à jouer avec l’autre et non contre lui.
Le second aspect est la convivialité qui découle de cette proximité. Se retrouver à plusieurs autour d’un plateau de jeu ne peut que créer des échanges et des liens. Le carrom est dès lors un excellent moyen de découvrir l’autre à travers la façon dont il joue, réagit et s’exprime. De plus, il arrive très souvent que lors d’une partie des situations cocasses et amusantes surviennent. Avoir un gros coup de chance (ou de malchance), réussir un coup très difficile, mettre un pion de l’adversaire, etc. ne peuvent que contribuer à détendre l’atmosphère et déclencher des éclats de rire. Jouer au carrom est ainsi, et avant tout chose, un agréable moment à passer en compagnie d’autres personnes, surtout lorsque l’on joue à six sur un plateau hexagonal.

Se faire plaisir avant tout

Le carrom constitue un jeu des plus bénéfiques pour tout le monde, particulièrement pour les enfants qui se laissent davantage captiver. Pour que le joueur s’épanouisse et que le carrom exprime pleinement ses qualités, il ne suffit pas de laisser la personne jouer. Il est primordial de stimuler et préserver le plaisir du joueur, surtout avec les enfants, en favorisant le caractère ludique du jeu. C’est à ce niveau que l’intervention d’un animateur expérimenté devient profitable. En partageant son savoir et son vécu, il permet de préserver cette fraîcheur et ce goût pour le jeu. Un des plaisirs principaux du carrom est, en maîtrisant cette glisse si particulière, de réussir à rentrer des pions. Celui-ci est dès lors renouvelé par des conseils, des explications et des démonstrations de l’animateur.

Apprendre la concentration et la maîtrise de soi

On retrouve la même exigence qu’au billard en terme de précision et de concentration. En effet, il n’est pas évident de percuter des pions avec un palet pour que ceux-ci rentrent dans des trous, somme toute assez petits. Cette précision s’acquiert évidemment avec une pratique régulière du jeu mais surtout avec un état d’esprit calme et détendu. Le carrom fait ainsi appel à une concentration soutenue. Lors des animations, il a été constaté qu’au bout d’un moment, une certaine tranquillité s’installait pour ainsi dire d’elle-même. C’est à ce niveau que se situe un des premiers intérêts du jeu. Le fait de devoir rester calme et attentif n’est plus perçu comme une contrainte par l’enfant mais plutôt comme une « nécessité ». Celui-ci finit par adopter de lui-même cette attitude exigée par le jeu. Il se rend compte que s’il veut réussir à « rentrer » des pions, il se doit d’être un minimum concentré et maître de lui. A ce titre, le carrom est très éducatif dans la mesure où il nous apprend à canaliser nos émotions et surtout nos réactions de « mauvais joueur ». S’énerver quand on loupe un tir, qu’on prend une mauvaise décision ou, plus généralement, qu’on perd à un jeu, est une réaction commune et immédiate. Réagir de la sorte au carrom ne peut faire qu’empirer les choses et ceci, l’enfant s’en aperçoit également. De la même manière, il ressent que l’excitation et l’euphorie procurées en mettant plusieurs pions de suite, peut être aussi pénalisant pour son jeu que l’énervement. Ainsi, d’un point de vue global, un des autres intérêts du carrom est que l’enfant parvient, de son propre chef, à rester maître de lui-même dans des circonstances défavorables à cette attitude. A partir de là, le carrom peut amener à développer une confiance en soi des plus bénéfiques.

Pour revenir en quelques mots à la précision, on peut également dire que le carrom développe de manière intuitive une certaine aptitude à la géométrie dans l’espace. Le fait de percuter un pion à tel endroit plutôt qu’à un autre ne le fera pas réagir de la même manière. De même que les rebonds du palet ou des pions sur les bandes nous incitent, toujours intuitivement, à « calculer » les angles et les trajectoires.

Un jeu de réflexion et de relaxation

Le carrom apprend à jouer avec l’autre et, à plus forte raison, lors d’une partie en double. Déjà en un-contre-un, la stratégie mise en oeoeoeoeuvre est très importante et n’est pas sans rappeler le jeu de dames, voire même les échecs. Choisir de jouer tel pion plutôt qu’un autre, tenter un coup particulier à un moment précis de la partie, laisser un pion facile car il empêche l’accès au trou pour l’adversaire,etc. sont des choix de jeu qui sont souvent décisifs. A ce niveau-là, jouer à quatre se révèle très intéressant. On fait équipe avec le joueur situé en face de soi et les deux personnes à nos côtés constituent l’autre doublette. Le jeu est dès lors beaucoup plus ouvert en ce sens que les possibilités sont multipliées par deux. Mais, d’un autre côté, il faut rester très attentif dans la mesure où il peut être risqué de trop ouvrir le jeu pour les adversaires.

L’esprit d’équipe est alors sollicité et ceci induit une stratégie complètement différente. Le choix des pions à jouer et à ne pas jouer n’est plus le même et il devient nécessaire de s’adapter à son partenaire : jouer les pions difficiles pour lui, essayer de lui ouvrir le jeu…
Ainsi, que ce soit en simple ou en double, le carrom stimule des logiques de jeu complémentaires et un sens tactique assez aigu accompagné d’une évidente vivacité d’esprit.

Une séance d’animation type

Quatre carroms carrés et un hexagonal, quatre trépieds spécialement conçus pour poser les plateaux, des pions, des palets et de la poudre de glisse qui est, en fait, une fécule de pomme de terre extrêmement fine permettent d’encadrer un groupe de 16 enfants maximum, à savoir 4 par table de jeu. A noter que 16 représente un plafond et qu’un groupe de 10-12 personnes permet un encadrement de meilleure qualité.Pour des enfants de 6/8 ans, il convient d’adapter l’approche du jeu et de réduire le groupe à 8 maximum. Toutefois, si les enfants « accrochent », il est possible d’envisager de jouer de manière plus construite.

Une première séance de deux heures peut se dérouler sur la base suivante :

L’introduction au carrom

Dans un premier temps, l’animateur présente de manière générale le jeu et le matériel utilisé. Assis à un carrom, il explique au groupe le but du jeu et les règles de base. Ceci a pour but de répondre à des questions du genre : pourquoi y’a un pion plus gros ?, pourquoi y’a un pion rouge ?, c’est quoi la poudre ?, comment on met les pions au début ?, comment on compte les points ?, etc. En même temps, cette explication permet une certaine autonomie des enfants qui, du coup, sont prêts à jouer. En complément, il illustre tous ses propos par de rapides démonstrations sur le plateau. Il montre par exemple comment poser le palet, positionner sa main et son doigt pour tirer, quelques tirs de base, etc.

La familiarisation avec le jeu

Après cette première étape, les enfants se placent autour des carroms et commencent à jouer en simple ou en double suivant leur nombre. A partir de là, l’animateur les laisse jouer entre eux. Son intervention consiste à se déplacer autour des tables, à donner des conseils d’ordre technique et/ou stratégique, sans pour autant les submerger de remarques. Leur donner trop d’informations ne ferait que les égarer. Le but, ici, est qu’ils se familiarisent avec le carrom de leur propre initiative. De cette manière, l’apprentissage est plus efficace et les conseils prodiguer sont, par la suite, mieux intégrés.

Des conseils collectifs

Après avoir joué une petite heure, les enfants sont regroupés et l’animateur leur expose ces remarques (petits problèmes techniques ou des mauvais choix tactique). Ce moment basé sur la communication et l’échange doit permettre à chacun de s’exprimer sur ses ressentis. On peut finir cette troisième étape par la démonstration et l’apprentissage d’un coup particulier qu’ils pourront mettre en oeuvre lors de la dernière partie de la séance.

Des petits matchs

Même s’il demande un peu plus de temps, ce format se révèle intéressant dans la mesure où on se rapproche d’un véritable match, avec ce que ça comporte d’exigence et de stimulation. Finir de la sorte par des petits matchs permet ainsi de mettre en pratique ce qui vient d’être vu et ce, dans des bonnes conditions. En effet, au bout d’une heure de jeu, les doigts se délient et l’esprit a encore suffisamment de ressources pour rester concentré.

Et la suite ?

Une progression envisageable

Si l’animateur est amené à intervenir régulièrement, une certaine programmation peut être mise en place. On peut décider d’objectifs à atteindre ainsi que la mise en place de petits exercices. L’objectif principal peut être l’organisation d’un petit tournoi. Quant aux petits exercices, il faut veiller à ce qu’ils ne soient pas rébarbatifs et qu’ils gardent un aspect ludique. Pour cela, il convient d’abord de ne pas trop les prolonger. Ensuite, il est nécessaire de les adapter à l’âge et au niveau des joueurs. Cela peut-être de réussir à mettre trois pions d’affilé en direct, en arrière ou en bande, d’approcher son palet le plus possible de la ligne de tir adverse ou de la sienne, de réussir des coups particuliers, comme des « petits trains » ou des «cuts», etc. A ce niveau-là, la richesse du carrom permet de diversifier les propositions. Celles-ci peuvent également venir des enfants eux-mêmes, qui se retrouvent dès lors acteurs de leur jeu. Pour ces derniers, réussir ces petits exercices peut être aussi une source de motivation supplémentaire. Enfin, ces petites séances techniques sont à intercaler avec des phases de jeu à proprement parler. Là encore, il est possible de varier afin de renouveler l’intérêt du joueur.

Des variantes

La première s’intitule trivialement « jouer aux roupies ». On place l’intégralité des pions au milieu du plateau les uns sur les autres, en alternant un noir et un blanc. Le joueur qui commence est désigné par un tirage au sort et, contrairement aux règles internationales, celui-ci n’est pas obligé de rentrer les pions blancs. Il peut jouer n’importe quelle couleur, sachant qu’un pion noir vaut 1 point, un blanc 2 et le rouge 5. Ce dernier nécessite tout de même une confirmation en rentrant un pion juste après. Une fois le plateau « nettoyé », les joueurs comptent leurs points et le score le plus faible constitue la mise de départ pour la prochaine manche. Par exemple, si celui-ci est de 8 points, chaque joueur remet 8 points sur le carrom et la partie reprend. Si on ne peut remiser suffisamment, on a perdu et est déclaré vainqueur le dernier à rester en jeu. Cette variante est très intéressante car elle met l’accent sur le plaisir de rentrer des pions, en minimisant la dimension stratégique. On peut ainsi y avoir recours pour susciter l’intérêt de jeunes enfants et/ou jouer de manière plus détendue.

La seconde alternative s’appelle le « carrom français ». On dispose deux pions sur le plateau et le but est alors de les toucher avec le palet en un seul tir. Si l’on y parvient, on garde la main, sinon, c’est à l’autre de jouer. Cette façon de jouer est très instructive car elle permet d’envisager les rebonds et les déviations du palet. En effet, à un certain niveau, le carrom se joue avec un coup d’avance, voire plusieurs. C’est-à-dire que, lorsque l’on tire, on s’arrange pour, en premier lieu, mettre le pion visé mais aussi s’ouvrir le jeu avec la course du palet. De cette manière, des pions qui n’étaient pas jouables le deviennent et une avance peut ainsi être prise sur l’adversaire. Le « carrom français » permet de tendre vers cette vision du jeu.

Enfin, une dernière manière d’aborder le carrom consiste à jouer au « speed carrom ». En un-contre-un, on place chacun un pion au milieu de la bande face à soi et collé à celleci. Au signal de départ, on doit rentrer son pion, celui côté adversaire, avant l’autre. On peut également «gêner» l’axe de tir de l’autre joueur avec la main que l’on utilise pour jouer, si celle-ci reste sur sa ligne. Le vainqueur est le premier qui arrive à avoir mis 5 pions. Moment de défoulement et de franche rigolade, le « speed carrom » est cependant
à utiliser avec parcimonie.

Une ouverture sur d’autres jeux

Le matériel dont dispose la Fédération Française de Carrom est fourni, par notre partenaire, la société «Carrom Art» qui distribue d’autres jeux en bois. On retrouve, entre autre, le billard hollandais et japonais, le «shuffle puck» (air hockey en bois), le «weykick» (sorte de baby-foot en bois). Il est donc également possible d’organiser une séance particulière, sur une thématique « casino » par exemple, en intégrant ces jeux.

N’hésitez pas à nous contacter pour de plus amples informations : carrominfo@yahoo.fr

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